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Dans le contexte des négociations de #Doha, l’opinion congolaise ne s’attendait pas à un réaménagement technique du gouvernement Suminwa, encore moins à la formation d’une nouvelle équipe, avant un accord final entre le pouvoir de #Tshisekedi et l’#M23. Pour beaucoup, ce processus devrait conduire à un dialogue global et inclusif devant déboucher sur un gouvernement de large union nationale.
Pourtant, contre toute attente, le chef de l’État a annoncé un nouveau gouvernement. Une décision qui bouscule les attentes et révèle une stratégie offensive du pouvoir. La décision est jugée précipitée et intempestive par l'opposition non armée, qui compte sur une influence extérieure pour peser dans les discussions. Elle en sort particulièrement affaiblie.
La réponse se trouve dans une stratégie visant à asphyxier l’opposition, tant militaire que politique.
Lors de l’ouverture du procès contre Joseph Kabila, le 25 juillet dernier, le M23/AFC avait réagi implicitement, avertissant :
« L’autorité de l’État à rétablir dans les zones conquises ne sera pas celle du régime Tshisekedi. »
En réponse à cela, Kinshasa a activé une manœuvre subtile, visant à intégrer des figures de l’opposition non armée telles que Martin Fayulu et Adolphe Muzito au gouvernement.
Trois objectifs sont visés à travers cette stratégie :
Difficile de prédire si le nouvel exécutif sera un simple remaniement ou une refonte complète avec un Premier ministre issu de l’opposition. Deux scénarios se dessinent :
Indice décisif : la démission éventuelle de Judith Suminwa. Si elle quitte ses fonctions, cela signalerait l’arrivée d’un nouveau chef de gouvernement. Fayulu est favori, mais sa radicalité pourrait favoriser Muzito, plus ouvert à une loyauté tactique envers le président.
Cette annonce sonne comme une défaite pour l’opposition non armée, qui espérait tirer parti des négociations de Doha. Elle révèle aussi la mainmise de Tshisekedi, qui semble imposer son tempo sur le processus, soutenu en coulisse par ses alliés américains.
Les opposants n’ayant pas rejoint les consultations républicaines d’Eberande Kolongele, ou le Camp de la Patrie de Martin Fayulu, se retrouvent marginalisés. Sans levier d’influence, leur capacité de nuisance s’amenuise.
Alors que les ministres en poste se battent pour leur survie politique, et que les nouveaux venus convoitent des portefeuilles, le vrai défi revient à Tshisekedi : choisir des compétences probres, loin des calculs partisans.
C’est le moment pour le chef de l’État de procéder à un casting stratégique, fait de compétence et de probité, sans céder à la pression des poids politiques ou des clans. S’il cède aux pressions ou aux beaux discours, le président portera seul la responsabilité d’un échec.
Ambroise Mamba Ntambwe
Journaliste et chercheur en sciences politiques
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